Portraits

Je considère le visage humain comme une carte qui palpite et qui luit. Il y a du Magellan dans l'effort, un Magellan du quotidien et du tâtonnement !   

Headphones naturels.

J'aime la sérénité contagieuse de ce beau visage. Le discret sourire évoque les statuettes du Bouddha. Les mains paraissent tenir en respect les nuisances du monde, et l'esprit le plus clair, j'en suis sûr, fait son nid d'une telle joliesse. Le noir et blanc donne de la permanence à l'attitude; c'est le totem des choses qui durent. La sérénité, de toutes nos forces, nous l'appelons à naître et à durer !  C'est notre bonne fée irremplaçable. La photo ci-contre est le fruit d'une improvisation, et moi, je m'estime chanceux d'être là au moment clé. 

Le gentleman vagabond prend la pose.

La rue s'avère toujours imprévisible. Forte est la tentation de regarder ses pieds en marchant ou plus forte encore celle de scroller sur son téléphone à ciel ouvert. Mon menton, quelque fois, se rebiffe contre le statu quo, et dans ces cas-là, sert de levier à mes yeux ennuyés qui s'ouvrent à nouveau comme des fleurs. Ce jour-là, j'ai pu voir le gentleman ci-contre que j'avais pourtant déjà vu maintes et maintes fois. Accroupi dehors, il ne fait jamais l'aumône d'argent, seules les cigarettes et les canettes de coca-cola éveillent son intérêt. Son humeur parfaitement égale et sa magistrale absence de susceptibilité forcent l'admiration. Il accepte de poser pour moi sans hésiter. Pourquoi ai-je voulu capter son visage de loup des mers cette fois-ci ? Pourquoi le menton s'est-il levé ? Disons qu'il le fallait ! 

En quête du contraste encore et toujours. 

L'improvisation donne souvent matière  à d'heureuses évidences. Il est évident que le contraste me plaît en toute chose  et en chacun et sans pour autant le poursuivre, c'est lui qui me retrouve. A la faveur de cette séance, je n'avais pas prévu de faire ressortir la robe et la croix, la couleur et l'artéfact, l'espièglerie et la dévotion. Les combinaisons en photographie sont peut-être aussi nombreuses qu'au jeu d'échecs, alors je ne suis pas prêt d'arrêter de jouer !